Dans Respire, deuxième film de Mélanie Laurent, Joséphine Japy et Lou de Laâge s’étouffent dans une amitié asphyxiante. Rencontre avec deux actrices inspirées que des carrières accomplies devraient aspirer fortement.

Lou de laage et Josephine Japy interview standard Paul Rousteau

La dernière fois qu’on les a vues, elles tournoyaient, pas resserrés, en robe Lanvin et Valentino sur les marches du festival de Cannes. Là, Joséphine Japy et Lou de Laâge arrivent à la cool, en jean, marinière et fausses Repetto, la fraîcheur du matin sur le visage. Elles poussent la porte en riant comme de vieilles potes. Elles ne le sont pas tout à fait dans la vie, « pas facile, Joséphine vit à Lyon », mais le sont, et même dangereusement, à l’écran. Mélanie Laurent les repère pendant l’écriture de Respire. Lou a été remarquée dans Nino (Une adolescence imaginaire de Nino Ferrer) (Thomas Bardinet) et J’aime regarder les filles (Fred Louf, avec Pierre Niney – interview), sortis en 2011. Joséphine se distingue dans Le Moine (Dominik Moll, 2010, avec Vincent Cassel) et Cloclo (Florent-Emilio Siri, 2012). À 20 et 24 ans, elles n’ont pas eu à passer de casting, « juste une lecture, catastrophique d’ailleurs… ». Leur destin suit l’ascension rapide d’Astrid Bergès-Frisbey (lire son entretien “première fois” dans Standard n°22), Marine Vacth ou Adèle Exarchopoulos, qui, avec La Vie d’Adèle de Kechiche, a soufflé à Lou le César du meilleur espoir, nommée pour Jappeloup de Christian Duguay. En attendant le prochain tour, elle achève Le Tournoi, premier long-métrage d’Élodie Namer (l’histoire d’un joueur d’échecs à la vie compliquée). Joséphine, elle, tourne en novembre dans un road movie comique avec Stéphane De Groodt, Alex Lutz et Isabelle Carré (un premier film de Quentin Reynaud et Arthur Délaite). C’est sûr, elles n’auront bientôt plus le temps de souffler.

« Standing ovation » pour Respire à la Semaine de la critique à Cannes. Plus pour votre interprétation ou pour le film ? 
Lou de Laâge : J’espère que c’est pour le film. Pour moi, ce métier, c’est du partage, donc on le prend pour le travail de chacun. Des mamans sont venues nous dire : « C’est terrible, ma fille a une amie qui me fait penser à votre personnage. Il faut que je lui montre le film pour qu’elle comprenne. » J’ai trouvé ça dur, mais si le film peut aussi servir à ça…
Joséphine Japy : Pendant la projection, les émotions nous ont surprises. Le public a ri sur  des détails qu’on ne pensait pas si drôles.

C’était votre premier Cannes. Qu’est-ce qui vous a le plus marquées ? 
Lou : J’étais très stressée, et je me suis rendu compte qu’il ne fallait pas s’angoisser. Mélanie nous a protégées, on avait juste à se laisser porter !
Joséphine : On est chouchoutées, oui. Moi, j’avais pris de quoi réviser pour mes partiels. Pour vous dire à quel point c’est la première fois !

Tu as commencé à tourner à 10 ans dans Les Âmes grises (Yves Angelo, 2004), pourquoi t’être inscrite à Science Po ? 
Joséphine : L’Exercice de l’État [Pierre Schoeller, 2011] m’a intéressée à la communication en politique. Mais je n’ai plus envie de faire ça. C’est dur de s’engager dans ce milieu. La communication m’intéresse encore, mais dans le digital. J’ai fait un stage à la Croix-Rouge, où les outils numériques sont primordiaux, notamment pour la quête nationale. C’est le côté littéraire du numérique – comment on réoriente toutes les stratégies de com avec internet – qui me plaît. Et puis je me suis rendu compte que le cinéma et les études se nourrissaient l’un l’autre : le premier me permet de gagner en autonomie, et les cours m’apportent une rigueur de travail et une juste connaissance de certaines époques. Par exemple, pour jouer France Gall dans Cloclo, j’ai composé plein de choses sur la féminité, la jeunesse, grâce aux cours sur Mai 68. On nous dit d’être curieux, de se passionner, de s’approprier les savoirs, d’être capables de les restituer. On fait au minimum un exposé par semaine. Il y a une vraie culture de l’oral, forcément intéressante pour le cinéma.

Lou, tu as été mannequin à 18 ans. Le bac en poche ?
Lou : Oui, mais je ne considère pas avoir fait du mannequinat. J’ai fait quelques pubs pour payer mon école de théâtre (Claude Mathieu, il y a trois ans). En arrivant de Bordeaux, je me suis inscrite dans une agence de pub. Grâce à la pub Bourjois, je suis entrée chez un agent, Elizabeth Simpson, à l’essai parce que je débutais. Elle m’a inscrite à des castings et ça a marché. J’ai commencé à tourner en même temps que l’école. Mon premier rôle a été dans la série 1788 et demi [2011]. Je ne m’y attendais pas du tout. Je suis peut-être plus inconsciente que Joséphine. Je n’ai jamais aimé l’école… j’étais en classe à horaires aménagés, j’y allais le matin en n’ayant qu’une envie : danser l’après-midi. Je me suis arrangée pour ne pas redoubler, pour partir le plus vite possible faire du théâtre.

Toi, Joséphine, le théâtre t’a happée à 7 ans…
Joséphine : J’ai une sœur autiste. Petite, je me disais qu’elle allait forcément guérir. À 7 ans, j’ai compris qu’il en serait autrement. Une prof en primaire a monté Mary Poppins qu’on a jouée au théâtre Hébertot. Depuis, je n’ai plus pu arrêter. C’était un exutoire, une manière d’exprimer cette injustice pour ma sœur. J’avais besoin d’échapper à tout ça. Après, c’est devenu une vraie passion.

Josephine Japy portrait interview standard © Paul Rousteau

Joséphine Japy : « J’ai choisi Sciences Po après avoir vu L’Exercice de l’État. »

Dans Respire, Joséphine-Charlie est fascinée par Lou-Sarah. Une histoire d’amour ou d’amitié ?
Lou : C’est une histoire d’amitié hyper fusionnelle. De celles qu’on peut avoir parfois entre filles. Je ne crois pas à ce genre de fusion entre garçons.

Le baiser sur le lit, c’est… entre potes ?
Joséphine : Des petites touches peuvent jeter le trouble. Mais Lou a raison, il y a ce truc de proximité tactile entre les filles. Et ce qu’on peut prendre pour de la jalousie dans certaines scènes, c’est juste une fille qui ne voulait pas se retrouver seule comme une imbécile alors qu’elle devait passer de super vacances avec une copine.
Lou : Tu es tellement fascinée par l’autre que tu as presque envie qu’elle fasse partie de toi. Mais ça ne veut pas dire que tu as envie de la dévorer sexuellement. Sarah s’amuse au chaud-froid, mais ça ne va pas plus loin que ça. Après, chacun a sa lecture du film.

Vous avez eu des relations aussi fortes avec des amies ?
Lou : Oui, mais plus maintenant. On apprend que ce n’est pas très sain.
Joséphine : On apprend à les mettre à distance.
Lou : Oulala… je ne sais pas si on fait bien de répondre ça, elles vont se reconnaître !

Et entre vous, c’est comment ?
Joséphine : C’est un plaisir de se voir à chaque fois. Mélanie nous avait invitées cinq jours à la campagne. On s’est retrouvées sous le soleil, à parler du film, des personnages. On a dormi toutes les deux, regardé des films…
Lou : C’était préférable de bien s’entendre, mais ça ne se contrôle pas… Heureusement, il n’y a pas eu d’efforts à faire. Quand tu peux rire juste après les scènes violentes avec ta partenaire, ça permet de mieux les vivre. Sur le tournage, on se retrouvait le soir dans notre chambre, on se faisait des petits dîners, on parlait des scènes du lendemain qui nous angoissaient.

Sarah est une perverse narcissique ?
Lou : C’est comme ça que Mélanie la voit. Quand on regarde comment fonctionnent ces gens-là, trois phases reviennent : la séduction, le ferrage avec l’éloignement des proches pour créer une dépendance, et la destruction.
Joséphine : Moi, je me suis renseignée sur les victimes, mais j’ai vite arrêté parce que c’est trop violent.

Nietzsche est cité au début du film : « Il est plus facile de renoncer à une passion que de la maîtriser. » À quoi avez-vous renoncé passionnément ? 
Lou : Ma plus grande passion reste le théâtre. Pour l’instant je n’y renonce pas. Je suis pour vivre les choses. Les expériences apprennent à se protéger ou à envisager la souffrance qui peut arriver.
Joséphine : Pour le moment, je n’ai maîtrisé ni renoncé à aucune passion ! C’est peut-être un truc de jeunesse que de se laisser aller. On en est encore à l’âge des premières fois.

Le thème rappelle La Vie d’Adèle – Chapitres 1 & 2. Vous l’aviez vu avant de lire le scénario ? 
Joséphine : Non, on a lu le scénario avant de le voir.
Lou : On nous en parle souvent. Ce n’est pas du tout le même genre de relation…

Et La Naissance des pieuvres (Céline Sciamma, 2007), avec lequel on peut même faire un parallèle physique – une fille voluptueuse qui attire une femme-enfant ?
Joséphine : Non. Moi, j’ai regardé My Summer of Love [Paweł Pawlikowski, 2004], qui m’a appris beaucoup sur le personnage de Sarah.
Lou : Et moi Ginger & Rosa [Sally Potter, 2012], surtout pour le personnage de Charlie, Martha Marcy May Marlene [Sean Durkin, 2011] pour l’univers, la tension…

Respire a été retenu pour la Queer Palm, qui récompense depuis 2010 un film à thématique « altersexuelle ». Il a été mal interprété ? 
Joséphine : Chacun a son interprétation. Certaines personnes le reçoivent d’ailleurs comme un film très violent, d’autres moins. Les réceptions diffèrent, c’est ça la vie d’un film.

Mélanie Laurent vous avait en tête au moment de l’écriture du film. Ne pas passer de casting, quel luxe !
Lou : Oui. Elle était venue me voir au théâtre dans Entrez et fermez la porte à l’Essaïon [Marie Raphaële Billetdoux, 2013]. Mais on a quand même passé des essais. La première lecture était une catastrophe, trop instantanée. Je n’étais pas centrée, pas en accord pour dire le plus vrai possible. Quand on est à côté, on à l’impression de « faire », de regarder plutôt que de « vivre ».
Joséphine : Heureusement, Mélanie y a vu ce qu’elle avait besoin de voir…

Lou de Laage portrait standard @ Paul Rousteau

Lou de Laâge : « Fascinée par l’autre, tu as presque envie qu’elle fasse partie de toi. Mais ça ne veut pas dire que tu as envie de la dévorer sexuellement. »

Comment dirige-t-elle les acteurs ? 
Lou : Le chef op cadrait et elle circulait, elle ne tient pas en place. Elle avait accouché un mois avant. On parlait des personnages durant de longues conversations. Mais c’est quelqu’un qui fait confiance. Elle ne nous dit pas à la virgule ou au mouvement près ce qu’il faut qu’on fasse. Elle est très fine : elle mène par petites touches, par petits mots, tout en douceur.
Joséphine : Elle nous rappelait l’enjeu des scènes importantes, mais nous laissait faire notre chemin avec beaucoup de bienveillance et de liberté. Elle est derrière le combo et d’un coup elle dit : « Ça me plaît, plus personne ne bouge ! » On a improvisé beaucoup dans les petites vignettes de vie, les moments de complicité. Finalement je crois que toutes les scènes improvisées sont dans le film.
Lou : Il y a celle où elles fument un pétard dans les toilettes et vomissent. Elle disait : « Venez les filles, enfilez une robe et faites quelques choses ! »

Il se dit qu’elle aurait pris la grosse tête depuis Inglourious Basterds (Quentin Tarantino, 2009). Ça se ressent sur le plateau ?
Joséphine : Qui n’essuie pas de critiques sur internet ?! Les gens sont cachés derrière des écrans, ça peut très vite devenir un dépotoir. Beaucoup se sont retrouvés dans cette situation, je ne sais pas si ça veut dire quelque chose au final. Lou En tout cas, on n’a jamais ressenti de malveillance à son égard. Et dans cette expérience cannoise, il y avait énormément de bienveillance.
Lou : Elle a fait un beau film, on ne peut pas le lui enlever.

Est-ce que vous aviez vu son premier film, Les Adoptés (2011) ? 
Joséphine : Je l’ai vu après l’avoir rencontrée. Je l’ai connue actrice talentueuse, je l’ai découverte extraordinaire réalisatrice. Il n’y a jamais eu un moment de doute.
Lou : Le premier film avait sa faiblesse, comme tous les premiers projets, mais il y avait une patte.

Vous avez toutes deux joué avec Marina Hands (Lou dans Jappeloup, Joséphine dans Les Âmes grises). Quels souvenirs ?
Joséphine : J’étais bébé, j’avais 10 ans. Il y avait Jacques Villeret, Jean-Pierre Marielle, Denis Podalydès. J’ai regardé ces personnes et je me suis dit : c’est vraiment un beau métier.
Lou : Je l’ai adorée. Je l’ai choisie pour marraine quand j’ai été nommée aux César.
Joséphine : Moi, j’avais Vincent Cassel. Lou J’aime sa manière d’évoluer, il a énormément de liberté et il m’avait complètement scotchée dans Sur mes lèvres [Jacques Audiard, 2001].

Vous allez beaucoup au cinéma ? 
Lou : Oui. Le dernier que j’ai vu est Tom à la ferme [2012]. Pas mon préféré de Xavier Dolan, dont j’ai tout vu et que j’adore ! Ce serait le rêve de tourner avec lui, ou Tarantino, ou avec la réalisatrice de Suzanne [Katell Quillévéré, 2013] !
Joséphine : Moi, je dis Valérie Donzelli. Quand j’ai le temps, je peux me faire deux films par jour, surtout en DVD.
Lou : Moi aussi. J’adore aller à la Fnac en acheter plein. On n’est pas vraiment de notre époque en fait !
Lou de Laâge : « Fascinée par l’autre, tu as presque envie qu’elle fasse partie de toi. Mais ça ne veut pas dire que tu as envie de la dévorer sexuellement. »

Texte Magali Aubert et Elsa Puangsudrac Photographie Paul Rousteau Stylisme Caroline Larrivoire

 

 

 Lou de Laage Josephine Japy film Respire melanie laurent

Le film
On se fait la brise ?
Une ado mal réveillée qui prend son petit déj sur le pouce, un trajet en bus pour rejoindre le lycée, un cours de philo sur le thème de la passion et… une rencontre foudroyante avec une fille « qui en a ». Les premières scènes de Respire collent aux bask’ de La Vie d’Adèle – Chapitres 1 & 2. On s’en déscratche vite. Cette adaptation du roman d’Anne-Sophie Brasme (Fayard, 2001) coécrite par Mélanie Laurent et Julien Lambroschini, le lunetteux du Péril jeune (Cédric Klapisch, 1994), a été tourné en six semaines en Languedoc-Roussillon. Julien Lambroschini raconte : « Le premier jour de travail, chez Mélanie, nous sommes partis d’un tas de pages écrites à la main dans un gribouillis organisé et passionné. On a fait le tri en nous remémorant le livre, nous contentant d’en garder la sensation qu’il nous en restait. Tous les matins, trois semaines par mois, elle en chaussons, moi au café, elle au thé, nous avons établi le séquencier. Pour les dialogues, nous sommes d’abord restés aux aguets du vocabulaire des ados, mais on s’est finalement contentés d’un argot plus intemporel, redoutant d’être artificiels ou trop rapidement obsolètes. Nous faisions d’avance confiance aux jeunes acteurs pour apporter leur touche perso. De la même manière, nous avons évité d’être trop ancrés dans une actualité technique (réseaux sociaux, etc.) qui risquait de devenir elle aussi rapidement désuète. » 
Une construction à l’instinct avec enchaînements de plans sous perf musicale jusqu’à la dégringolade stylisée à l’effet plus esthétique que narratif. Reste que l’ambiguïté fille-fille et la tension passion/détestation font la force de ce second film tacheté de tics fidèles au ciné de Sundance : reflets du soleil contre la caméra, décor semi-urbain, promenade en minishort sur un terrain vague parsemé de poteaux électriques, réveil dans une caravane vintage. Standard award de la meilleure scène « indé » : un panda bourré qui titube sur le bitume. M. A.

En salles mercredi

 

Lou de Laage portrait standard Paul Rousteau

Dans les rushes

La question « Laurent Weil »

Lou, tu étais nominée pour le meilleur espoir féminin aux César pour Jappeloup. Adèle Exarchopoulos l’a remporté pour La Vie d’Adèle. Quelle a été ta réaction ? 
Lou de Laâge : J’espérais qu’elle l’ait. Elle a fait un travail juste incroyable.

 

Josephine Japy portrait interview standard © Paul Rousteau

Sous les films des filles
Comme Mélanie Laurent, beaucoup passent du rôle d’actrice à celui de réalisatrice. Top 5 de celles qui courent devant/derrière la caméra sur le même film. Garanti 0 % Sophie Marceau, Zabou Breitman, Audrey Dana.

Maïwenn Pardonnez-moi, 2007
La caméra pour thérapie familiale, cette fille d’actrice (sa mère, Catherine, joue dans Level Five de Chris Marker en 96) se met à nu dans un vrai-faux docu. Se filmant en train de tourner dans une autofiction naturaliste tournée en dix-sept jours, souvent à l’impro, l’ex de Luc Besson se plonge dans une mise en abyme aussi profonde que Le Grand Bleu. Un procédé qu’elle gardera pour Le Bal des actrices et Polisse.

Agnès Jaoui Le Goût des autres, 1999
Coécrite avec son mari Jean-Pierre Bacri, cette œuvre chorale multicésarisée raille les aspirations sentimentalo-culturelles d’un petit patron de PME qui découvre que son rassurant cocon bourgeois se fissure et… le libère. Une réinterprétation de la théorie déterministe de Pierre Bourdieu sur la reproduction sociale (on reste conditionné par notre milieu d’origine) à la sauce comique de situation.

Valérie Donzelli La Guerre est déclarée, 2012
Révélation cannoise sélectionnée pour les Oscars, cette miraculeuse tragédie autobiographique ne doit pas rebuter par son sujet : la tumeur d’un enfant. Avoir vécu ce drame pour de vrai (avec son compagnon dans le film, Jérémie Elkaïm), renommer son couple Juliette et Roméo, choisir Jacno pour la BO et ne pas tomber dans le pathos, ce n’est pas donné à n’importe qui.

Valeria Bruni-Tedeschi Un château en Italie, 2013
Le troisième long-métrage sensible et personnel de la belle-sœur italienne la plus célèbre de France se nourrit d’autodérision appuyée. Autour d’une mère envahissante, d’un frère qui se meurt et d’un jeune homme beau comme un dieu, amoureux mais beaucoup trop jeune, Valeria/Louise déride le thème de la quarantenaire en crise (avec l’aide de sa coscénariste Noémie Lvovsky).

Julie Delpy 2 Days in Paris, 2007
Lowmologue féminin de Cédric Klapisch incarne une énième fois une amoureuse d’Américain névrosée et agaçante, et ça se révèle gagnant. Dans cette bordélique rom com, prequel de 2 Days in New York (2012), son mec est juif new-yorkais et les clichés gentillets. Moins bavarde que dans la trilogie des Before (Sunrise, Sunset, Midnight) du laborieux Richard Linklater, elle ne s’en sort pas trop mal.