Too-much-pussy!

Le féminisme aujourd’hui ? Début de réponse avec Too much pussy!, documentaire sexplicite en salles demain.

La réalisatrice Emilie Jouvet s’était fait connaître en 2006 avec One Night Stand, présenté comme le « premier porno lesbien français ». Son second long-métrage, qui sort mercredi prochain, n’est pas littéralement pornographique, mais prolonge la réflexion sur la liberté (de choquer) de ces corps militants. Too much pussy!, documentaire road-movie, suit la tournée européenne de six performeuses : une DJette chauve à bretelles, une exhibitionniste à crête de punk, une grande Américaine poilue sous les bras, deux actrices pornos tout à fait craquantes et la française Wendy Delorme (voir Standard n°24), auteur de nouvelles et de textes théoriques sur, entre autres, les identités sexuelles et la notion de jouissance transgenre.

Réunie sous la bannière « Kisses Cause Troubles » – qu’on traduira poétiquement par « ces baisers qui créent des ennuis » – la troupe se balade dans un petit camion décoré de fleurs et de tampons, de Bruxelles à Berlin en passant par Copenhague et Stockholm pour, chaque soir, offrir un spectacle « hystérique » et burlesque monté dans un esprit cabaret. Immédiatement, on pense à Tournée de Mathieu Almaric, pour l’alternance shows/coulisses, les joies et les colères d’artistes extravagantes et le côté petit budget. Oui, mais version hardcore.

Too-much-pussy!

Visiter l’utérus
« Le féminisme c’est être puissante, c’est contrôler sa sexualité au-delà des genres. » Elles disent aussi « qu’il ne faut pas culpabiliser si nos désirs sont dégradants ». Alors elles s’autorisent à uriner sur scène déguisées en bébé, à se vêtir d’assiettes en carton pour proposer aux spectateurs de venir manger sur elles, à être brutalement déshabillées pour qu’une copine introduise un poing dans leur intimité ou, et c’est peut-être l’activité la plus symptomatique de ce projet décomplexé, à suggérer au public de venir voir à quoi ressemble en live un col de l’utérus, au moyen d’une loupe et d’une lampe-torche, car « il n’y a pas que les médecins qui ont le droit de savoir à quoi ça ressemble. » Une démonstration d’épanouissement qui laisse songeur : mais que dirait Françoise Giroud de tout cela ?

R. G.

Too much pussy!
En salles demain