Est-ce snob de souhaiter voir la cote des petits marchés attrape-toutous baisser dangereusement, plutôt que les cours de la bourse ? Meuh non…

Magali Aubert

La récession a guetté tout l’été mais elle n’était pas la seule. Il y avait aussi les vendeurs aux étals estivaux. Ils attendaient au tournant de chaque coin de France fréquenté par ces curieux appelés touristes quand leur tenue s’inspire de rien ou de la mode de l’été d’il y a deux ans et quand leurs commentaires ne dépassent pas le “Ah on est bien dans c’t’église, fait moins chaud  !”, mais qu’on appelle visiteurs quand rien d’apparent ne laisse supposer que leur curiosité leur a été imposée par la pluie ou les méduses.

Que faire d’autre que d’accepter son propre état avec humour une fois pris dans une foule en serpentin, coincés à arpenter ces inévitables petites saletés de marchés nocturnes ? Aïe les yeux : babioles que le pseudo artisanat n’excuse pas, baraques à glace qui dégouline, cousines éloignées des famoso Gelati Bibite d’Italie, stand de bidules machouillables acidulés qui font augmenter les tailles de guêpes des minettes et, heureusement pour le secteur de la presse écrite en berne, les ventes de ces magazines qui titrent de manière intraitable sur n’importe quelle recette de vie susceptible de rattraper l’erreur de cet achat compulsif : “comment perdre du cul avant l’été, comment perdre du cul pendant l’été et comment perdre du cul après l’été”. Et tiens ! la vingt sixième table à présenter des bracelets avec ton prénom dessus… que dit la pancarte ? “Gavage immédiat” ?