C’est aujourd’hui que sort en ligne Tristesse Contemporaine (Dirty / Pschent) et le vinyle en édition limitée Il faudra attendre le 26 mars pour le bon vieux CD (dirty / kompakt). Chanel aime la cold wave et les chagrins d’amour puisque la maison de couture a utilisé trois de leurs morceaux lors de son dernier défilé. L’occasion de :

1. Relire ci-dessous l’article d’Eléonore Colin dans Standard n°31

2. Sortir graaatuit à la release party le 22 mars. Live au Nouveau Casino (Paris), avec : la minimale wave de Veronica Vasicka et le “sale son” de Pilooski pour un direct sur RB radio de 22h à 04h.

Tristesse Contemporaine Hartzbreaker by Emeline Ancel Pirouelle standard magazine culture mode musique

Trio désenchanté, Tristesse Contemporaine invite Cioran sur le dancefloor

Deux garçons (Leo, Mike), une fille (Narumi), trois nationalités (suédoise, anglaise, japonaise) et Paris pour bercer leur cold-pop urbaine. Trio fusionnel guitare/chant/synthés, Tristesse Contemporaine dévoilait l’an passé sa classe internationale aux commandes de 51 Ways To Leave Your Lover. Le parfait manuel du savoir-rompre. Orné d’un squelette, ce premier maxi cryogénique déployait en crescendo une basse polaire, des beats et des nappes élégiaques sous le flow désenchanté de Mike. Il faut avoir écouté le trip hop d’Earthling dans les nineties pour reconnaître ses inimitables spoken words. Courant 2000, convié au micro de Telepopmusik, le Britannique fait la connaissance de Narumi, leur clavier live. Pianiste de formation classique, cette mini-vamp tokyoïte accompagne parallèlement l’électro spleenétique d’Aswefall sur scène. Et qui se cache derrière ce duo franco-suédois ? Leo, l’ex-guitariste de Jay-Jay Johanson… Tout est logique. « Au début, on buvait des verres en écoutant New Order et Andy Weatherall », raconte Mike.

Crève-cœur
En 2009, devenus inséparables, les trois immigrés offrent un asile commun à leurs références. Ce sera Tristesse Contemporaine. Un patronyme très fin de siècle, parfait pour ce groove hypnotique, cette new wave renversante. « C’est le titre d’un essai du critique d’art belge Hippolyte Fierens Gevaert [publié en 1899], sur l’urbanisation au XIXe siècle et la perte des valeurs morales. Fort. », commente Leo, dans le petit appartement biscornu qu’il partage avec Narumi. Un concert au Pop In et un mix pour Colette plus tard, la famille recomposée trouve vite sa place dans l’underground parisien. Quelque part entre le psycho-punk de Joakim et le disco futuriste de Discodeine, dont le cofondateur Pilooski a produit Tristesse Contemporaine.
Ce soir-là, février touche à sa fin et on sirote du vin blanc. Des cordes new orderiennes d’Empty Heart au krautrock décadent d’I Didn’t Know, des harmonies crève-cœur de Day Time Night Time à la morgue post-punk d’In The Wake, en passant par l’électro retro de Hierarchies, ce beau disque hybride balaye en huit titres le spectre sonore du groupe. Avec à la clé, une reprise boréale d’Uptown To Ranking, hymne reggae-ska signé Althea & Donna en 1978. Selon Narumi, « Les morceaux correspondent à nos humeurs, dark et euphoriques ». Un sentiment versatile qu’exsude également Tristesse sur scène. En première partie de Discodeine au Point FMR, Leo, Narumi et Mike ont tout donné : un mélange de mélancolie inouïe et d’exubérance contagieuse.

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