Thomas B- Reverdy au goncourt des lyceens 2013

Un père de famille disparaît dans la nuit de Tokyo, sans laisser de trace – il s’évapore, comme on le dit au Japon de ceux qui, pour échapper à la mafia ou au déshonneur, choisissent la fuite. Sa fille Yukiko, émigrée en Californie, revient au pays pour tenter de le retrouver, accompagnée de « Richard B. », un détective privé désargenté, buveur et amoureux comme il se doit (splendide appel du pied à Richard Brautigan)… et qui déteste voyager.

Quatre portées sur cette partition : le père, un orphelin de Fukushima, Richard et Yukiko, tous à la recherche d’un autre homme et d’eux-mêmes. Cette structure solide permet au roman d’explorer librement le Japon moderne, ses traditions, ses non-dits et ses marges : les moines reclus, les malédictions à conjurer, les auberges pour travailleurs pauvres, les quartiers clandestins, « Les jeunes qui finissent dans un gang et les paumés qui finissent dans le saké. » Lost in translation version polar, Les Évaporés peut aussi se lire comme le récit, limpide et précis, d’un voyage savamment désorganisé, où le chemin compte bien plus que la destination. Un peu comme la littérature française quand elle regarde le monde.

Thomas B. Reverdy
Thomas B. Reverdy
Les Évaporés (un roman japonais)
Flammarion
300 pages, 19 €
À 14,99 avec Standard