Et le jeu vidéo inventa GTA pour les fans de John Woo… God Bless.

sleeping dogs jeu standard magazine

Dans son désir de communiquer au gamer le sentiment qu’il est le héros tout-puissant de son propre film, le jeu vidéo ne laisse aucune « niche » cinéma inexplorée. Si vous êtes fan de fantômes japonais, de bis italien, de Rape & Revenge ou de Torture Porn, il est probable qu’il existe là dehors un jeu (ou plusieurs) spécialement taillé(s) pour vous. Cet été, les fidèles de la boîte new-yorkaise Troma ont pu, par exemple, goûter aux joies psychotroniques de Lollipop Chainsaw, une histoire de pom-pom girl et de tronçonneuse… Mais si vous avez passé l’essentiel des années 90 à regarder en boucle les VHS (ou les VOD) de Heroïc Trio et du Syndicat du crime, si vous vous êtes pris en pleine tronche l’explosion du cinéma de Hong Kong et avez assisté, impuissant, à sa chute programmée (à la fin de cette même décennie), alors Sleeping Dogs est la machine à fantasmes que vous attendiez.

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En fait, non : à un an de la sortie de GTA 5, personne n’attendait Sleeping Dogs, ex-patate chaude d’Activision (autrefois connue sous le titre True Crime: Hong Kong) reprise de volée par Square Enix. Cet été, la surprise fut totale de découvrir que tout le monde, au même moment, s’est pris d’amour pour Wei Shen, flic sino-américain infiltré chez les triades. Comme dans GTA, vous évoluez en liberté, conduisez toutes sortes de bolides, massacrez du piéton… Ici avec la grâce et le cure-dent (en option) d’un Chow Yun-Fat. Le choc esthétique est saisissant, et le pied qu’on prend à sauter d’une moto en marche sur l’aileron d’une voiture a quelque chose de bouleversant. Parce que ce cinéma-là, lui, est définitivement révolu…

Sleeping Dogs
United Front Games / Square Enix à 35,90 euros