Angela-Davis nova book box standard« C’était une foule enthousiaste. Leurs cris : « Libérez Angela ! Libérez toutes nos sœurs ! » sonnaient dans la nuit. En les regardant par la fenêtre de ma cellule, je fus absorbée par les discours, et perdis parfois le sentiment de ma captivité, comme si j’avais été moi-même dans la rue avec eux. Je revis en esprit les manifestations passées : « Libérez les Frères de Soledad, Libérez Bobby et Ericka, Libérez Huey, Mettez fin à la guerre du Vietnam, Assez de meurtres commis par des policiers dans notre communauté »… »

Ainsi s’exprime Angela Davis, à propos du mouvement international de soutien formé pendant ses seize mois de prison, entre 1970 et 1972, quand l’Amérique avait encore du mal à digérer qu’on puisse être à la fois femme, noire, marxiste et professeur d’université. Icône américaine de la défense des droits de l’homme, Angela Davis répondait ce matin aux questions de Linda Lorin et Thierry Paret dans La Nouvelle internationale, à l’occasion de la sortie aujourd’hui au cinéma du documentaire Free Angela and all political prisoners réalisé par sa compatriote Shola Lynch. Dans la foulée, elle a accepté de lire un extrait de son autobiographie, dans lequel elle se souvient de ses années d’étudiantes à la Sorbonne, entre french baguette et solidarité aux opprimés algériens. Un bon prétexte pour revenir sur l’engagement de cette citoyenne d’exception, à travers ses ouvrages militants, mais aussi en réécoutant ce que disaient d’elle certains vertueux, tels Prévert ou Genet.

22h10_ Angela Davis, Lettre à Ericka.
22h25_ Jean Genet, Angela Davis est entre vos pattes.
22h40_ Angela Davis, Une unité entre Noirs et Blancs est-elle possible ?
23h00_ Angela Davis lue par elle-même, Autobiographie.
23h10_ Jacques Prévert, Angela.
23h25_ Angela Davis, Femmes, race et classe.
23h40_ Angela Davis, Les Goulags de la démocratie.