Musicos entre Eros et Thanatos

Live au Point Ephémère (Paris) le 1er novembre.

HTRK

© Eulalie Halperin Katz

Un malaise, d’extase et de sensualité délétère. Voilà ce que HTRK – prononcer haterock, tout est dit – porte sur le visage. Trio devenu duo suite au suicide l’an passé de leur bassiste-fondateur, les Australiens auront mis huit ans pour trouver leur voie, quittant Melbourne pour quelques années décadentes à Berlin, puis à Londres, où sera enregistré un premier album – produit par le défunt Rowland S. Howard de Birthday Party. Plus noise, Marry Me Tonight (2009) installait déjà la léthargie érotique, la désinvolture lascive et l’angoisse abyssale que transpirent ces férus de Fassbinder, Robert Bresson et Dennis Cooper.

On retrouve cette langueur à un degré supérieur sur Work (work, work), qui aura mis trois ans à voir le jour. Minimal mais dense de bout en bout, ce travail sonne comme un peep-show de fin du monde. Litanies sexuelles concassées, trip-hop pour junkies en chaleur, sentimentalisme éthéré, torpeur lancinante digne d’un coït métallique du Crash de Cronenberg : HTRK agite un éventail unique d’émotions grâce à une simple TR-808 bloquée sur un tempo ralenti, à quelques nappes synthétiques et aux vocaux détachés mais suggestifs de Jonnine Standish. Un trip vertigineux, charnel et sournoisement addictif.

par Thomas Corlin
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HRTK – Work (work, work) (Ghostly International)
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