Les solitudes sont de la même violence sourde, mais le Lost Highway de Chantal Stoman n’a rien à voir avec David Lynch.

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Depuis une voiture qui roule. C’est ainsi que sont prises les photos de la série Lost Highway de Chantal Stoman. Sur les routes de Tokyo, du Caire, de São Paulo ou de Hong Kong, de Bombay et Calcutta, la photographe française dialogue dans la nuit avec ces « échantillons de vie » flous que sont les métropoles vues depuis un flyover. Un survol en noir et blanc qui raconte cette part commune qu’est le soir qui défile, et l’absence de frontières. « Je surprends en un éclair les habitants chez eux. Je dîne à leur table, je regarde leur télé, je couche dans leur lit. Soudain, leur intimité si rare et précieuse m’est simplement offerte », commente cette « nyctalope ». Ses intimes, anonymes, guettés au cœur des cités, sont captés en argentique « dans la tradition de la photographie classique fine art ».

chantal stoman lost high way lecaire

Chantal Stoman : Des nuits noires à la Nuit Blanche

Après Paris, le projet est voué à être exposé dans les six villes shootées : « Bombay et São Paulo en 2013, le reste, ça s’organise… » Sa carrière, Chantal Stoman la débute dans la mode (Madame Figaro, Next, Numéro Tokyo) il y a une quinzaine d’années. Lors de son premier séjour au Japon, en 2005, l’obsession des femmes pour le luxe la fascine : « Les vêtements sont prioritaires à tous leurs désirs ! Pour moi, que la possession n’intéresse pas du tout, cela a été un travail d’observation passionnant. » En découle A Woman’s Obsession, une exposition d’une centaine de photos, itinérante : Tokyo, Paris (notamment lors de la Nuit Blanche 2009) et New York. Le livre homonyme (Ed. de La Martinière) est épuisé. Un succès pour ce qui fut une façon de dire au revoir au monde de la mode. La première partie de Lost Highway a elle aussi été réalisée au Japon, en 2008. Cette année encore, le travail de Chantal Stoman est sélectionné pour la Nuit Blanche. Dans le hall central du Palais de Chaillot, une boîte lumineuse pyramidale réunit les planches-contacts de ces clichés si sombres.

Lost Highway, a Photo Project
Cité de l’architecture & du patrimoine, Paris
Jusqu’au 9 décembre

Retrouvez cet article dans Standard n°37

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