[wide]We love green 2012 [/wide]Consommer bio et responsable nécessite un engrais confortable. C’est pourquoi le festival We Love Green qui s’est déroulé les 14,15 et 16 septembre, a décidé pour la deuxième fois de planter ses tentes à Neuilly, au beau milieu du Parc de Bagatelle. Trois jours de concerts sans impacts environnementaux et une programmation cohérente et éclectique. Quinze artistes se sont succédés dont James Blake, Hermane Düne, Camille, Breakbot, Django Django ou encore Klaxons et Electric Guest. Et quand il ne l’a pas en politique, le vert à le vent en croupe.

Le festival le plus vert de France n’a donc pas lésiné sur les moyens et s’offre le luxe d’accueillir le pipi des festivaliers sur des toilettes sèches. Distribution de pots de siure ponctuée d’un avenant “vous connaissez le principe ?” ; conférences alter-mondialistes sur le thème récurant des “grandes multi-nationales et du libéralisme acharné” ; discours fumeux et décousu pour la défense des héritages agricoles, magistralement conclu au nom de “la semence libre !”. Le tout dans une ambiance bien rôdée d’un fantôme de Woodstock, propre et sans bourrés. Au loin, on pouvait entendre gronder la dérision et hurler vaillamment “Libérons les OGM !”.

C2C concert We Love Green 2012

C2C concert We Love Green 2012

Le premier jour, dans son armature de métal, brillante, sans apparats ni fioritures, la scène est baignée dans la lumière apaisante d’un mois de septembre hors saison. Norah Jones entame ses odes mélancoliques et ses hymnes à la vie, offrant au bonheur ses plus belles oraisons.
Et puisque même le vert est dans le verre, Heineken en profite et déverse sa blonde. Samedi soir Beirut fanfaronne dans une brume d’automne, tandis que dans la foule l’herbe abonde.
Pour achever ce festival, jeux de lumière endimanchés, nuances vertes ou rosées et l’air empli d’épaisses et crémeuses fumerolles. Perchés sur leurs estrades numériques et amovibles, les quatre DJ de C2C électrisent la foule chanceuse et hisse cette fin de soirée au palmarès des clôtures les plus folles.

Beirut concert We Love Green 2012

Beirut concert We Love Green 2012

Gavés aux produits bio, les équipes encadrantes (bénévoles pour la plupart, probablement pour de responsables questions budgétaires), apparaissaient comme unies par le lien sacré de la grande détente. Couronnes de fleurs dans les cheveux, rillettes de truites, mariés et trois enfants, tartare de qinoa, déambulaient à la fraîche sur les pelouses.

Coup marketing camouflé, engagement sincère au nom d’une société “peace ans green” ou business écologique, We Love Green a le mérite d’en parler. La graine est plantée. Il ne manque plus que de l’eau et encore quelques bobos pour qu’elle germe et ne s’effeuille !

We love green 2012